Les imprimantes à jet d’encre sont souvent vendues à des prix avantageux, mais le véritable coût réside dans les dépenses récurrentes liées au remplacement de l’encre. Ce n’est pas accidentel ; il s’agit d’un modèle économique calculé dans lequel le matériel est subventionné pour garantir des bénéfices à long terme sur les consommables. Cette pratique, connue sous le nom de stratégie du « rasoir et des lames », enferme les consommateurs dans un écosystème où les alternatives sont limitées et les prix restent artificiellement élevés.
Le piège des rasoirs et des lames
Les fabricants d’imprimantes vendent délibérément leurs imprimantes au prix coûtant ou à un prix proche, en s’appuyant sur les ventes d’encre pour générer des revenus. Cela crée une dépendance : une fois que vous possédez l’imprimante, vous êtes largement lié à leurs cartouches propriétaires. Tout comme les fabricants de rasoirs profitent des lames, les imprimeurs profitent de l’encre. Le système prospère grâce à l’absence de véritable concurrence, car les fabricants conçoivent des modèles avec des cartouches non interchangeables, empêchant ainsi les options tierces d’entrer facilement sur le marché.
Technologie et contrôle exclusifs
Au-delà de la compatibilité physique, de nombreuses cartouches contiennent des chipsets intégrés qui surveillent les niveaux d’encre et authentifient la légitimité. Les imprimantes peuvent rejeter les cartouches rechargées ou tierces, renforçant ainsi le contrôle du fabricant. Bien que légalement autorisée, cette pratique est largement considérée comme manipulatrice. Les entreprises justifient ces mesures en affirmant que la technologie exclusive garantit la qualité et la sécurité de l’impression, mais les critiques soutiennent qu’elle sert principalement à étouffer la concurrence et à gonfler les prix.
Rendements en encre et obsolescence programmée
Les conséquences économiques se détériorent lorsqu’on considère les rendements en encre. Les cartouches jet d’encre contiennent souvent peu d’encre (150 à 300 pages), nécessitant des remplacements fréquents. Les imprimantes équipées de plusieurs cartouches aggravent le problème, et même le manque d’une couleur peut désactiver l’impression en noir et blanc. Les cartouches de démarrage incluses avec les nouvelles imprimantes offrent des rendements encore plus faibles, accélérant encore davantage le besoin de recharges. De plus, l’encre inutilisée peut sécher, obligeant à un remplacement prématuré.
Façons de réduire les coûts d’encre
Malgré les pratiques de l’industrie, les consommateurs ont le choix :
- Cartouches à haut rendement : Elles offrent le double de la production des cartouches standard, mais à un coût initial plus élevé.
- Imprimantes à encre rechargeable : Les modèles « Supertank » permettent aux utilisateurs de remplir de grands réservoirs avec de l’encre moins chère, bien que les imprimantes elles-mêmes soient plus chères.
- Services d’abonnement : Instant Ink de HP et ReadyPrint d’Epson proposent des recharges automatiques moyennant des frais mensuels, ce qui permet d’économiser potentiellement de l’argent.
- Imprimer en mode brouillon : La réduction de la qualité d’impression prolonge la durée de vie de la cartouche.
- Impression couleur limitée : L’encre couleur est plus chère ; évitez-le sauf si nécessaire.
- Pensez aux imprimantes laser : Pour les documents principalement en noir et blanc, les imprimantes laser offrent des rendements plus élevés et le toner ne sèche pas.
- Fournitures tierces : Bien que moins chères, elles peuvent compromettre la qualité d’impression ou endommager le matériel, et les fabricants peuvent annuler les garanties si elles sont utilisées.
En fin de compte, l’encre d’imprimante reste chère, de par sa conception. Les fabricants donnent la priorité aux revenus à long terme plutôt qu’aux ventes initiales, créant ainsi un système dans lequel les consommateurs paient un supplément pour un consommable nécessaire. L’exploration d’alternatives peut atténuer les coûts, mais le modèle sous-jacent encourage des prix gonflés.
